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Quand je ne connaîtrai que moi-même, il n'y aura obligatoirement pas de frontière. Mais je rencontre l'autre et je me sens seule dans mon monde sans frontières. Je peux voir, moi-même et l'autre comme des systèmes autonomes. Des systèmes très complexes d'une stabilité relative mais forte à cause de la récursivité interne et de la manque de communication avec l'extérieur. Je ne peux qu'augmenter mes possibilités de communication au risque de devenir moins stable comme système et en savant que je ne connaîtrai toujours que moi-même. Un moi-même qui contient plus de l'autre qu'auparavant.
Annie Abrahams. Qui suis-je? 91/92


Nous nous promenons sur un sentier, qui a des bifurcations innombrables. Où qu'on aille, partout il y a des abîmes sur les côtés. C'est en même temps effrayant et prometteur de savoir que rien ne se répètera jamais, que tout sera toujours différent. Nous sommes toutes seules, vraiment seules. Il n'y a personne qui suit la même route. Quels que soient vos choix aux points de bifurcation, ne jamais vous pouvez vous rapprocher de l'autre. Il y a quelques instants cet étranger était tout près et déjà il est hors vue. Ou il est à côté de vous depuis très longtemps pour, à un moment toujours imprévu, changer de direction. Vous faites un voyage imprévisible dans un réseau infini.
Invisiblement votre trajet dépend de celui de l'autre et inversement. Chacun de vos choix influence le réseau en entier. Chaque chose que vous faites ou dites change les circonstances et donc les possibilités des choix des autres.
Mais ce que vous pensez reste à vous. Dans votre cerveau les processus se développent selon un système aux crêtes et abîmes pareils. Vos pensées se cherchent une route entre l'ordre et le chaos. Là-dedans on voyage à la poursuite des vues nouvelles pour lesquelles vos co-voyageurs du réel vous livrent les conditions.
Et si vous voulez faire passer quelque chose de cet espace intime aux autres, il faut que vous le répétiez milles fois et encore courir le risque de ne pas être compris. Par répétition vous pouvez augmenter la chance que votre choix à vous résonne jusqu'aux frontières du réseau, mais vous prenez aussi le risque de faire bousculer le paysage, jusqu'à maintenant plein de surprises dans celui d'un désert monotone.
Annie Abrahams 93/94 Cette partie à été lu le 11 mai 2008 auCentre Pompidou pendant les Deuxièmes Rencontres Internet Mon Amour.


Je ne souhaite pas faire de la décoration, je n'ai aucune envie de faire des objets à regarder. Je n'ai pas de goût, je n'ai pas été élevé avec de l'estime pour l'art. Je suis encore aujourd'hui l'enfant, qui remarque avec étonnement que le sable, qui coule entre ses doigt est aussi réel que son père, qui trait les vaches un peu plus loin. Je suis aussi la teen-ager, qui, chaque soir, regarde fixement les étoiles et envoie secrètement un baiser au garçon préféré du voisinage, et qui espère se rapprocher de l'un et de l'autre quand elle sera plus grande. Quand elle est plus grande, elle fait des études en biologie. Toujours plus de détails dans le microscope, toujours plus réduire. Elle veut connaître la vie. Cette fille je la suis toujours. Entre temps j'ai beaucoup appris, j'ai beaucoup vécu. Je sais maintenant, que la vie est inconnaissable, que l'autre est inconnaissable et j'ai le sentiment de ne vivre que une de mes vies possibles.
Annie Abrahams. Qui suis-je? 91/92

text(e)s Annie Abrahams



google translation 2006
When I know only myself, there will be obligatorily no border. But I meet the other and I only smell myself in my world without borders. I can see, myself and the other like autonomous systems. Very complex systems of a relative but strong stability because of the internal recursivity and the lack of communication with outside. I can only increase my possibilities of communication to the risk of becoming less stable like system and as a scientist whom I will know always only myself. One myself which contains more other than before.
Annie Abrahams. Who am I? 91/92

We walk on a path, which has innumerable junctions. Where that one goes, everywhere there are abysses on the sides. It is at the same time alarming and promising of knowknowing that nothing will never be répètera, that all will be always different. We are all alone, really only. There is nobody who follows the same road. Whatever your choices at the points of junction, never you can approach the other. There is a few moments this foreigner was near and already it is except sight. Or it is beside you for a very long time for, at one always unforeseen moment, to change direction. You go on an unforeseeable journey in an infinite network. Invisibly your way depends on that of the other and conversely. Each one of your choices influences the network in entirety. Each thing which you make or say exchange the circumstances and thus the possibilities of the choices of the others. But what you think remainder of you. In your brain the processes develop according to a system with the similar peaks and abysses. Your thoughts seek a road between the order and chaos. In it one travels to the continuation of the new sights for which your Co-travellers of reality deliver the conditions to you. And if you want to make pass something of this space intimates to the others, it is necessary that you repeated it miles time and still to run the risk not to be included/understood. By repetition you can increase the chance that your choice with you resounds to the borders of the network, but you take also the risk to make hustle the landscape, until now full with surprised in that with a monotonous desert.
Annie Abrahams 93/94 This part has been read during the Internet Mon Amour session May 11th 2008 at the Centre Pompidou in Paris.

I do not wish to make decoration, I do not want any to make objects be looked at. I do not have taste, I was not high with regard for art. I am still today the child, who notices with astonishment that the sand, which runs between its finger is as real as his/her father, who milks the cows a little further. I am also the teenager, who, each evening, looks at stars fixedly and secretly sends a kiss to the preferred boy of the vicinity, and which hopes to approach the one and other when it is larger. When it is larger, it makes studies in biology. Always more details in the microscope, to reduce always more. It wants to know the life. This girl I am it always. Meanwhile I learned much, I lived much. I know now, that the life is unknowable, that the other is unknowable and I have the feeling to live only one of my possible lives.
Annie Abrahams. Who am I? 91/92
google translation 2006